Matériel Photo

Piège Photographique fabrication maison

Voici une présentation du piège photographique que j’ai bricolé dans le but de capturer des images de mammifères africains nocturnes.
Ayant longtemps hésité à acheter un piège photographique classique, j’y ai finalement renoncé car les modèles proposés ne répondent pas à mes attentes.
Ceux-ci présentent cependant certains avantages, fonction vidéo (qui m’est inutile), discrétion lors des déclenchements, etc.
Mais leur principal défaut à mon point de vue est la faible résolution des images. Si elle est suffisante pour faire de l’identification ou du comptage d’animaux, elle est cependant insuffisante pour obtenir ultérieurement des tirages photographiques de bonne taille.

Mon but étant d’effectuer des prises de vues de mammifères africains nocturnes pour enrichir mon site internet mammiferesafricains.org.
J’ai donc regroupé un boitier numérique et un déclencheur à détection infra rouge dans un carter de protection. Ce dispositif me permet d’obtenir des fichiers Raw que je traite ultérieurement avec Lightroom pour corriger les écarts d’expositions inévitables lorsque l’on utilise le flash intégré d’un boitier.

Voici le dispositif en ordre de marche sans ses pieds ni sa protection anti pluie.
Le but de cette « boite » est de limiter les effets des agressions par la faune sur le boitier et le chapardage du matériel par certains animaux.

Le carter est constitué d’une tôle d’aluminium de 2 mm d’épaisseur avec 2 plis à l’équerre pour former les cotés (le choix de l’aluminium est un compromis entre résistance et légèreté). En partie supérieure, des raidisseurs constitués par 3 tiges filetées de diamètre 6 mm passées dans des tubes en aluminium de section carrée et serrées avec des écrous type Nylstop.
Les dimensions de l’ensemble (largeur et profondeur) sont adaptées en fonction du matériel et de l’angle du faisceau du flash pour ne pas provoquer d’ombre portée en partie supérieure de l’image lors de la prise de vue. La tôle est recouverte avec du gaffer type camouflage.

Le dessous du carter est percé pour recevoir la vis de fixation du boitier. L’emplacement est déterminé suivant la configuration et l’encombrement du matériel.
Trois bouchons en PVC sont fixés sous le carter pour recevoir des pieds amovibles (Bouchons PVC avec manchon mâle diamètre 30 mm, matériel de plomberie).

 

Un morceau de feuille de liège (matériaux isolation phonique) est collé à l’emplacement du boitier pour éviter le pivotement intempestif de celui-ci une fois en place.
Trois pieds (tube PVC « eaux usées » et manchon diamètre 30 mm) sont emboités dans les bouchons fixés sous le carter. Ils sont comme ce dernier recouverts de gaffer.
La hauteur de ceux-ci est calculée en fonction des animaux à photographier. Ici la hauteur est adaptée à des animaux de faible hauteur au garrot comme les mangoustes, les petits félins, les genettes, etc.

 

Sur un des côtés, un trou est percé pour recevoir la vis de fixation du détecteur infrarouge.

De chaque coté sont installés des étriers nécessaires pour fixer l’ensemble sur un tronc d’arbre et surtout arrimer l’ensemble pour éviter qu’un animal farceur ne parte avec le matériel.

Liste du matériel équipant le dispositif:
1 boitier Nikon D300 (les deux contraintes sont d’avoir un boitier équipé d’un flash intégré et d’une prise pour télécommande).
1 objectif de focale assez courte (ici un zoom Tamron 19-35 mm).
1 déclencheur à détection infrarouge type Micnova (pour optimiser la sensibilité de celui-ci, j’ai bricolé un « focalisateur » en carton et papier d’aluminium).
1 câble de liaison entre le déclencheur et le boitier (celui-ci est vendu avec le déclencheur).

Matériel de fixation: 1 câble en acier de diamètre 3 mm et d’une longueur de 1 mètre, 2 maillons rapides diamètre 5 mm pour arrimer le câble aux étriers. Cela permet l’arrimage du système autour d’un tronc d’arbre ou au piquet  d’arrimage (en haut sur la photo). Vis de fixation du boitier (en bas) et du détecteur (en haut). Deux coins en bois pour un calage lors de la fixation du système directement sur un tronc d’arbre avec une sangle (non représentée).

Housse de protection contre la pluie. Dimensions en fonction du carter. Réalisée en PVC 1 mm d’épaisseur (chutes de matériaux utilisés pour l’étanchéité des toits terrasses).

La housse en place, les étriers de fixation sont accessibles pour l’arrimage et sont utilisés pour le maintien de la housse.

Seconde housse pour la protection de la partie avant et dessus du boitier et de l’objectif. Celle-ci est à adapter en fonction du matériel. Une découpe est aménagée pour laisser passer le flash intégré. Elle est constituée de 3 pièces collées avec de la colle Néoprène.

L’ensemble avec la protection anti-pluie du boitier et de l’objectif.

Vue d’ensemble avec les deux protections anti pluie. Celles-ci ont fait leur preuve en condition réelle sous une bonne averse (avec peu de vent).

Choix de l’emplacement:

Idéalement il faut trouver un sentier étroit emprunté régulièrement et uniquement par des animaux de petite taille, à défaut une piste plus large.
La présence d’un arbre de diamètre petit à moyen est appréciable pour arrimer le matériel (l’arrimage avec le piquet est moins sûr).
Le piège photographique est positionné perpendiculairement au sentier, en retrait de celui-ci, si possible au pied d’un l’arbre et à une distance de 1,5m à 2 m environ de l’axe du sentier.
La mise au point est réglée sur la valeur de cette distance à l’aide des graduations présentes sur l’objectif.
Si on utilise un zoom, la focale sera réglée suivant le besoin entre 20 et 30 mm.
Ces réglages permettent en principe d’avoir l’animal dans le cadre lors du déclenchement, mais ce n’est pas une science exacte !

Réglages:

J’ai choisi une sensibilité ISO élevée (autour de 1250 ISO) pour compenser la faible puissance du flash intégré, la faible ouverture (f22) et obtenir un temps de recyclage du flash court (ce choix est à adapter en fonction de la qualité des images fournies par le boitier aux sensibilités élevées).
J’ai choisi un objectif à focale courte (20 à 30 mm) et une ouverture faible (f22) pour obtenir une bonne profondeur de champ.
Je règle la mise au point en mode manuel (autofocus débrayé) sur la distance à laquelle l’animal est censé passer (en général 1,5 à 2 m). On peut aussi pré régler la mise au point sur l’hyperfocale.

Défauts du système:

Le principal inconvénient de ce système est le fonctionnement pas toujours précis du détecteur infrarouge. Il a une tendance à déclencher parfois de manière intempestive (en présence de vent) et parfois en retard. L’autre inconvénient est de laisser dans la brousse durant toute une nuit un matériel d’une certaine valeur avec le risque de le voir détérioré ou emporté par un animal. Mais c’est le prix à payer pour obtenir des images correctes.
Nota: Le déclencheur infrarouge peut être remplacé par un jeu de barrières infrarouge ou tout autre détecteur de présence du marché ou bricolé.

Images réalisées avec le système:

Les images ci-dessous ont été recadrées.

Chat sauvage africainFelis silvestris – African WildCat – Parc national de la Ruaha – Tanzanie.
1600 ISO – f16 au 1/60ème – focale à 24 mm

Genette commune à grandes tâchesGenetta maculata – Common Large-spotted Genet – Parc national de Katavi – Tanzanie. 1250 ISO – f22 au 1/60ème – focale à 25 mm

Civette d’AfriqueCivettictis civetta – African Civet. 1250 ISO – f22 au 1/60ème – focale à 22 mm

La coque de protection a fait ses preuves.
Voici l’état du système après le passage d’un hyène tachetée !
Le matériel de prise de vue n’a pas souffert, après deux ou trois coups de marteau pour redresser la carcasse et un nettoyage du filtre neutre, c’est reparti pour une séance de prise de vues nocturnes.

D.M.

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